TAGEBUCH DER LUST (le journal du désir)
Partie 3
(TOM)
----------
Je suis assis, muet, sur le lit, silencieux et seul. L'homme a disparu de la chambre. Depuis déjà plus d'un an et demi j'endure tout ça et me demande à chaque fois : Comment est-ce que j'y arrive exactement ? Comment est-ce que je peux seulement arriver à supporter ça ? Je me lève, ouvre la porte et me retrouve face à face avec la femme de ménage, qui vient à nouveau préparer ma chambre pour les prochains clients. Je passe devant elle sans un mot et prends le chemin qui mène directement au bar, en bas. La musique résonne fort des enceintes, et l'alcool coule en grande quantité. Les autres prostituées sont aussi assises ici, attendent leurs prochains clients. Je suis le plus jeune ici. Le seul et unique gars. (TOM)
----------
« Hey Tom » By Ling s'assoit à côté de moi. C'est une prostituée de Thaïlande. C'est la seule avec qui on peut vraiment parler, la seule qui écoute. Je la salue d'un hochement de tête, mais reste assis sur le tabouret du bar, fixant le verre de Vodka que je me suis commandé. A nouveau je réfléchis à quelle pourrait bien être la prochaine personne avec qui je devrais coucher. Est-ce que ça me refera aussi mal ? Je regarde vers la gauche, vers la table où les strip-teaseuses viennent de commencer leur show, et reçoivent l'argent qu'on leur fourre dans la tenue.
« Bien joué Tom » j'entends soudain dire derrière moi, par la gérante du club. Je l'interroge du regard.
« T'as bien fait ton travail. L'homme était très satisfait de toi » dit-elle en me tapant sur l'épaule. Je hoche seulement la tête et continue de fixer mon verre.
« Avec qui as-tu couché ? » me demande soudain By Ling.
« Avec un vieux » je lui réponds faiblement avant de la regarder en face. Mon regard est vide ; ma tristesse se reflète à l'intérieur. Elle lève sa main et me caresse la joue.
« Tu ne peux pas choisir la personne avec laquelle tu gagnes ton argent ici, Tom. Une fois qu'on a atterri ici, dans le monde de la prostitution, on n'en ressort plus » dit-elle avant de se lever pour aller se remettre au travail...
Mot d'Isa:
D'après les commentaires, beaucoup ont ressenti la même chose que moi et comprennent alors pourquoi il FALLAIT que je la fasse partager à des copines (avant de la publier ici), tout simplement parce que c'était trop dure d'être la SEULE à être enfermée dans cette horreur... Une horreur super bien écrite... J'avais BESOIN d'en parler...
Sinon lâchez les commentaires!! Ce sont eux qui permettent d'avoir la suite...! Encore un effort!


